Quoique l’utilisation de techniques de diagnostic avancées, telles que la tomodensitométrie et l’échographie, soit de plus en plus courante de nos jours, de nouvelles recherches provenant de l’Israël[i] suggèrent que ces techniques pourraient ne pas être aussi puissantes que d’autres méthodes plus simples pour diagnostiquer une variété de problèmes de santé. L’étude dont la durée était de 53 jours a porté sur 442 personnes admises à un département universitaire de médecine particulier à partir de la salle d’urgence de l’hôpital. Deux médecins, dont un résident principal et un médecin de l’hôpital, ont examiné individuellement et séparément les patients au moment de l’admission. Chaque médecin n’a exercé aucune influence sur le diagnostic de l’autre et chacun a étudié les mêmes données. Chacun a obtenu les antécédents du patient, a mené un examen physique et a examiné les tests de base réalisés en salle d’urgence, y compris les analyses sanguines et de l’urine, les ECG et les radiographies thoraciques. Chacun a également étudié tous les autres tests réalisés tels que les tomodensitométries et les échographies. Ils ont par la suite posé un diagnostic aussi complet que possible tout en notant les méthodes qui leur ont été les plus utiles. Les chercheurs ont ensuite comparé leurs résultats au diagnostic final de chaque patient après leur congé de l’hôpital.

L’étude a révélé que le résident principal avait posé le bon diagnostic 80 % du temps et que le médecin de l’hôpital l’avait fait 84 % du temps. Constatation intéressante, les méthodes s’étant avérées les plus utiles étaient les mêmes chez les deux et elles ne sont peut-être pas celles auxquelles on s’attendrait. Les deux ont déclaré que chez environ 40 % des patients diagnostiqués, l’obtention des antécédents et l’examen physique étaient les méthodes les plus utiles, suivies d’une combinaison des antécédents et des tests de base, avec ou sans examen physique (33 %), et ensuite des antécédents seulement (20 %). Ils ont aussi noté que la tomodensitométrie n’était utile qu’une fois sur trois. Cela est une constatation importante puisque les tests tels que la tomodensitométrie qui sont utilisés fréquemment exposent les patients à des niveaux de radiation qui peuvent entraîner un risque plus élevé de développer un cancer au cours de la vie.

Cette étude suggère qu’il pourrait être plus utile aux médecins d’obtenir les informations cliniques traditionnelles en premier, comme les antécédents du patient, afin de déterminer s’il est nécessaire d’utiliser une technique telle que la tomodensitométrie.


Publié pour la première fois dans le bulletin Du coeur au ventreMC numéro 180 – 2011
1. Paley L et al. Utility of Clinical Examination in the Diagnosis of Emergency Department Patients Admitted to the Department of Medicine of an Academic Hospital. Archive of Internal Medicine. 2011;171(15);1394-6.