Un surplus de vitamine D pourrait être un facteur

Il est bien connu que de faibles taux de calcium et de vitamine D peuvent entraîner une baisse de la teneur minérale de l’os (TMO). Cependant, d’après un nouveau rapport dans la revue médicale Gut, cela ne serait pas le cas pour un sous-ensemble de patients atteints de maladie de Crohn. Ces patients auraient une TMO faible, mais un taux excessivement élevé de vitamine D dans leur sang.

Une équipe de chercheurs dirigée par le Dr M. T. Abreu du Inflammatory Bowel Disease Centre au Centre médical Cedars-Sinai à Los Angeles a examiné 167 personnes atteintes de maladie de Crohn et de colite ulcéreuse, deux formes de la maladie inflammatoire de l’intestin (MII), mesurant leurs taux de métabolites de la vitamine D et les comparant à d’autres résultats de TMO.

Une faible TMO, et le risque plus élevé de fracture d’un os qui l’accompagne, est une complication plutôt commune de la MII. Certaines études ont constaté des taux d’ostéopénie, affection caractérisée par une diminution de la densité osseuse, aussi élevés que 59 % et des taux d’ostéoporose de 41 % chez les personnes souffrant de MII. Quoiqu’il soit normalement accepté que la stéroïdothérapie est la cause principale de la perte osseuse chez les patients atteints de maladie de Crohn (MC), bon nombre d’autres facteurs causals ont été suggérés, dont la malabsorption de nutriments, les résections intestinales, le tabagisme, les cytokines inflammatoires et une carence en vitamine D.

Alors qu’une carence en vitamine D peut être nuisible à la santé des os, dans certaines conditions, un taux beaucoup trop élevé de vitamine D dans le sang peut aussi entraîner une baisse de la teneur minérale de l’os.

Ces chercheurs sont de l’avis que « Des taux élevés de vitamine D sont sans doute une manifestation de l’inflammation intestinale sous-jacente. » Ils estiment qu’une fois l’inflammation réduite, les taux problématiquement élevés de vitamine D baisseront aussi.

Les résultats de cette étude ont démontré que les patients atteints de maladie de Crohn avaient une TMO plus faible que les patients atteints de colite ulcéreuse et que les taux de la forme hormonale active de la vitamine D étaient significativement plus élevés chez les patients atteints de MC (42 %) comparativement aux patients atteints de colite ulcéreuse (7 %). Les données ont établi que « l’excrétion de calcium était significativement plus élevée chez les patients atteints de MC » et les chercheurs ont conclu qu’une stéroïdothérapie en présence de taux élevés de la forme hormonale active de la vitamine D est « un important facteur de risque pour le développement de l’ostéoporose chez les patients atteints de MC ».

Bien que la pratique standard pour le traitement des patients souffrant de MII soit de compléter leur diète avec du calcium et de la vitamine D, ces chercheurs suggèrent que d’après leur travail « il est important de mesurer les quantités de métabolites de la vitamine D afin de déterminer chez quels patients il existe un facteur de risque additionnel pour le développement d’une TMO faible. »

Les chercheurs suggèrent que traiter l’inflammation sous-jacente « pourrait améliorer la maladie osseuse métabolique ».

Si vous vous souciez qu’un tel facteur pourrait s’appliquer dans votre cas, demandez à votre médecin de faire vérifier votre taux sanguin de vitamine D, surtout si vous prenez des suppléments. Il semble qu’une meilleure gestion de l’inflammation pourrait diminuer les taux excessivement élevés de vitamine D.


Publié pour la première fois dans le bulletin The Inside Tract® numéro 146 – Novembre/Décembre 2004
Gut 2004; 53: 1129-1136