Une étude pilote visant à examiner les effets de la diète chez des adultes aux É.-U. traités pour la diarrhée du voyageur donne à penser qu’un régime restrictif n’améliore pas les symptômes cliniques et ne réduit pas la durée de la diarrhée.

L’étude a été réalisée à Guadalajara, au Mexique, et portait sur 105 collégiens américains répartis de façon aléatoire en deux groupes. Tous les étudiants avaient reçu un diagnostic de diarrhée du voyageur aiguë et étaient traités au moyen d’agents antimicrobiens. Pendant le traitement, un régime restrictif comprenant des liquides clairs et des glucides simples et excluant les produits laitiers, les aliments gras, les aliments épicés et les glucides complexes avait été prescrit aux étudiants du premier groupe. Les étudiants du second groupe avaient reçu comme instructions de manger et de boire ce qu’ils voulaient. Les deux groupes avaient été avisés de consommer beaucoup de liquides pour compenser les pertes de liquides dues à la diarrhée.

Après avoir suivi les deux groupes pendant 48 heures, les chercheurs ont constaté « qu’il n’y avait aucune différence appréciable dans la durée de la diarrhée ou dans les symptômes cliniques de la diarrhée entre les deux groupes ». Les deux groupes démontraient à peu près le même degré d’atténuation des douleurs abdominales, des gaz, des nausées, des vomissements, de la fièvre et du ténesme (douleur rectale associée à un besoin impérieux d’aller à la selle), menant à la conclusion qu’il n’y a aucun avantage évident d’un régime restrictif dans le traitement de la diarrhée du voyageur chez les patients qui prennent des agents antimicrobiens.

Compte tenu de ces constatations, les chercheurs estiment que les patients souffrant d’une diarrhée du voyageur aiguë devraient être encouragés à manger s’ils ont faim. Un apport d’aliments adéquat assure la réparation et la régénération des cellules qui tapissent l’intestin ainsi que la disparition de l’inflammation intestinale. Les chercheurs soulignent la nécessité de réaliser une étude beaucoup plus vaste pour pouvoir relier clairement les interventions alimentaires aux effets cliniques de la diarrhée et proposent également que des études futures cherchent à établir si des aliments particuliers, comme les glucides complexes, pourraient avoir un effet sur le traitement non spécifique de la diarrhée du voyageur.


Publié pour la première fois dans le bulletin The Inside Tract® numéro 145 – 2004