Pour en finir avec les maux de ventre

La plupart des personnes peuvent confortablement digérer tous leurs aliments préférés, mais ignorent peut-être la chance qu’elles ont. Pour les nombreuses personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable (SII), la simple digestion d’un aliment peut s’avérer beaucoup plus difficile. Environ de 13 à 20 % des Canadiens souffrent de ce syndrome. Toutefois, comme il s’agit de l’intestin, un sujet tabou, rares sont ceux qui en parlent ouvertement. Étant donné que les symptômes du SII (douleur abdominale, ballonnements, diarrhée et constipation) se manifestent aussi dans d’autres affections, un diagnostic peut parfois être difficile. De plus, les médicaments disponibles peuvent ne pas être efficaces dans l’atténuation de tous les symptômes chez chaque personne. Une différente combinaison de médicaments et d’autres traitements peuvent être requis.

Ces dernières années, les médias ont beaucoup pointé du doigt le gluten et les produits laitiers comme les causes principales de ces symptômes digestifs. Il pourrait être vrai qu’en consommant moins de pain, de pâtes et de produits laitiers, de nombreuses personnes ont tendance à se sentir mieux et à être moins gonflées. Mais l’on comprend maintenant que chez certaines personnes cette amélioration ne serait pas attribuable à l’élimination du gluten et des produits laitiers, mais, plus probablement, à l’élimination des FODMAP, également retrouvés dans le blé et le lait. Cet acronyme provient du terme anglais Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides, And Polyols, c’est à dire, oligo, di et monosaccharides, et polyols fermentescibles.

Certaines personnes digèrent mal ces glucides. Si le corps est incapable de les décomposer au moyen de processus dans le petit intestin, alors les bactéries du côlon les fermentent. Cette fermentation peut occasionner de nombreux symptômes gastro-intestinaux désagréables. On retrouve les FODMAP dans une grande variété de fruits, de légumes et de céréales qui sont largement utilisés dans toutes les cuisines du monde.

Le régime alimentaire faible en FODMAP a été mis au point en 2005 par deux chercheurs australiens de la Monash University à Melbourne : le Dr Peter Gibson, gastro-entérologue, et la Dre Sue Shepherd, diététiste professionnelle. Depuis lors, des données provenant de nombreux essais cliniques contrôlés à court terme (<6 semaines) suggèrent qu’un régime faible en FODMAP peut atténuer certains des symptômes gastro-intestinaux (c.-à-d., douleur abdominale, ballonnements, gaz excessifs), comparativement à aucune intervention alimentaire. En mars 2016, la revue médicale Gut a publié les résultats d’un petit essai contrôlé randomisé à simple insu,1 mené à l’université de Queens. Cet essai a permis de constater que 72 % des patients souffrant du SII présentaient une diminution importante de leur douleur abdominale et une distension abdominale réduite en suivant un régime alimentaire faible en FODMAP.

Le protocole alimentaire consiste en trois phases :

  1. Phase d’élimination : Cette phase sert à confirmer que les symptômes gastro-intestinaux sont occasionnés par les FODMAP. Si l’évitement des sources principales de FODMAP pendant deux à quatre semaines atténue les symptômes (cela peut prendre jusqu’à huit semaines chez certaines personnes), il est alors possible que les FODMAP soient une des sources du problème. Une fois le confort intestinal retrouvé, on peut passer à la phase suivante.
  2. Phase de réintroduction : Cette phase sert à identifier les FODMAP individuels qui sont problématiques. Un seul type de FODMAP est évalué à la fois, pendant environ six semaines. Il est très important de cerner les FODMAP qui déclenchent les symptômes afin de ne pas exclure une grande variété d’aliments sans raison valable. Étant donné que bon nombre des aliments contenant des FODMAP sont importants pour une bonne santé, et notamment pour celle du microbiome intestinal, il est important de les inclure dans notre alimentation.
  3. Phase de maintien (à long terme: Cette phase sert à suivre un régime alimentaire varié sans ressentir d’inconfort gastro-intestinal. On peut faire l’ajout d’une grande variété d’aliments, y compris ceux contenant des FODMAP selon le niveau de tolérance.

Il est important de comprendre que ce régime ne peut pas guérir le SII mais peut sensiblement soulager les symptômes chez certaines personnes s’il est suivi avec diligence. Il n’est pas destiné à être utilisé à long terme.

La mise en application de ce régime est plus simple avec l’aide d’experts puisque la liste de produits à éliminer est très longue et contient des aliments présents dans notre vie quotidienne. La liste comprend entre autres le blé, l’orge, les oignons, l’ail, le lait, les pommes et le miel. SOSCuisine a récemment publié un livre sur ce sujet : La solution FODMAP – Pour en finir avec les maux de ventre.

La première partie de ce livre fournit le fondement qui permet de comprendre le régime faible en FODMAP et de l’adopter correctement. La deuxième partie est pratique et comprend des menus ainsi que 100 recettes simples, nutritives et bien illustrées, faibles en FODMAP, qui vous aideront à suivre le régime en toute simplicité.

De plus, l’expérience utilisateur peut se poursuivre sur le site SOSCuisine.com, où l’on retrouve les derniers renseignements sur les FODMAP et où l’on peut se joindre à un groupe privé de soutien sur Facebook, animé par des diététistes professionnels ayant de l’expérience au niveau du SII et des FODMAP. Vous retrouverez aussi sur www.soscuisine.com/fodmap, 500 recettes faibles en FODMAP et des menus hebdomadaires accompagnés d’une liste d’épicerie comprenant des rabais chez vos supermarchés préférés.

Ce livre est disponible en format imprimé ainsi qu’en format numérique (eBook).


Par Cinzia Cuneo et l’équipe nutrition de SOSCuisine.com
Publié pour la première fois dans le bulletin Du coeur au ventreMC numéro 197 – 2016
1. McIntosh K et al. FODMAPs alter symptoms and the metabolome of patients with IBS: a randomised controlled trial. Gut. 2016 Mar 14. pii: gutjnl-2015-311339. doi: 10.1136/gutjnl-2015-311339
[édition électronique avant impression]