Quoique l’exercice physique ne compte pas comme tel parmi les stratégies de prise en charge du syndrome de l’intestin irritable (SII), la plupart des fournisseurs de soins de santé recommandent un programme régulier d’activité physique pour maintenir une bonne santé. Un groupe de chercheurs du Royaume-Uni1 a récemment mené un essai contrôlé randomisé de courte durée auprès d’un petit groupe de patients sédentaires souffrant du SII pour évaluer si une augmentation de l’exercice physique améliore les symptômes du SII et les cotes de qualité de vie autodéclarées (liées au SII). Un examen de la littérature a établi qu’aucune étude de ce type n’a été antérieurement publiée.

Le syndrome de l’intestin irritable est un trouble digestif fonctionnel courant qui touche entre 10 et 30 % de diverses populations à l’échelle mondiale; ses symptômes comprennent les douleurs abdominales, le ballonnement, la constipation et la diarrhée. Cette affection a un important impact négatif sur la qualité de vie des patients.

Les chercheurs ont sélectionné 56 patients souffrant du SII pour participer à l’étude après avoir étudié les informations de patients d’un hôpital général de district en Angleterre. Suite à la randomisation en deux groupes, les sujets du premier groupe ont accepté de maintenir leur schéma thérapeutique régulier et de ne pas modifier leur niveau d’activité physique tandis que les sujets du deuxième groupe ont reçu une intervention comportant deux consultations d’exercice individuelles.

La première consultation avait pour but de mettre en place un régime d’exercice personnalisé, d’accroître la motivation et de discuter des bienfaits de l’augmentation de l’exercice physique. Les chercheurs ont fourni aux participants un podomètre en guise d’outil de motivation et pour leur permettre de mesurer de façon tangible leur activité physique. Au bout de quatre semaines, une autre séance de counselling a eu lieu et comprenait des astuces pour maintenir le nouveau style de vie actif et éviter de retomber dans les habitudes sédentaires antérieures. Les chercheurs ont choisi ce type d’intervention en raison de son coût relativement faible et du fait que si les résultats étaient positifs, ces méthodes pourraient être facilement intégrées aux services de soins de santé actuels.

Au début et à la fin de cette étude de douze semaines, chaque participant a rempli une série de questionnaires précis, établis par la collectivité des chercheurs afin d’évaluer la gravité des symptômes, les niveaux de stress, la qualité de vie et la quantité d’exercice physique pratiquée par chacun. Les résultats ont démontré que les participants du groupe d’exercice ont grandement augmenté leur niveau d’exercice physique et ont noté une amélioration considérable de leurs symptômes de constipation après douze semaines. Chose surprenante pour les chercheurs, les cotes de qualité de vie n’étaient pas significativement différentes entre les deux groupes.

Ces résultats peuvent être expliqués de plusieurs façons. Les quelques recherches antérieures ayant été effectuées appuient l’inclusion d’exercice physique comme stratégie de prise en charge de la constipation chez les personnes âgées et pour réduire la durée de transit à travers le tube digestif. Le manque d’amélioration des cotes de qualité de vie pourrait être attribuable à la courte durée de l’essai; les chercheurs qui ont conçu l’étude postulent qu’une plus longue durée pourrait être nécessaire pour montrer des améliorations mesurables.

Alors, l’exercice améliorera-t-il vos symptômes du SII? Peut-être, si vous souffrez de constipation, mais comme le suggère cette étude, des recherches additionnelles sont nécessaires afin d’arriver à un consensus clinique. L’étude démontre, ce qui est d’importance, qu’une très petite stratégie de promotion de l’exercice physique peut produire des améliorations significatives à l’égard des niveaux d’activité physique et laisse entendre que cette approche pourrait être utile. En outre, cette étude n’a révélé aucun effet néfaste pour les participants. Par ailleurs, les autres bienfaits nombreux d’un programme d’exercice régulier sont bien connus et comprennent l’amélioration de la résistance cardiovasculaire, la maîtrise du poids corporel et la diminution du risque d’être atteint d’autres affections chroniques.


Publié pour la première fois dans le bulletin The Inside Tract® numéro 171 – Printemps 2009
1. Daley AJ et al. The effects of exercise upon symptoms and quality of life in patients diagnosed with irritable bowel syndrome: A randomised controlled study. International Journal of Sports Medicine. 2008; 29:778-782.