Question :

Peut-il y avoir des complications à la suite d’une opération du réservoir iléo-anal (RIA)?

 

Réponse :

Il y a possibilité de complications avec toute opération abdominale et certaines sont plus spécifiques à la procédure du RIA. Le développement de complications dépend de certains facteurs tels que votre état de santé général avant l’opération, l’utilisation de médicaments (stéroïdes) et l’alimentation. Votre équipe de soins de la santé ne pourra prédire si vous connaitrez des complications, mais elle vous prodiguera des soins qui pourraient aider à prévenir ces complications. Certaines des complications qui pourraient se produire après une opération abdominale comprennent :

  • une occlusion de l’intestin empêchant le passage de liquides et de solides
  • un retard du retour à une fonction intestinale normale (iléus paralytique)
  • une infection de l’incision et des tissus sous-jacents, causant quelquefois une plaie ouverte ou une accumulation de fluides infectés dans l’abdomen (abcès)
  • un caillot sanguin dans la partie inférieure de la jambe (thrombose) qui peut migrer aux poumons (embolie pulmonaire)
  • infection urinaire
  • affaissement des tissus pulmonaires (atélectasie) ou infection (pneumonie) des poumons

Votre chirurgien pourra discuter de ces complications avec vous avant l’opération. Les complications qui sont plus spécifiques à la procédure du RIA peuvent être divisées en deux catégories : à court terme (peu de temps après la chirurgie) et à long terme (se produisant plusieurs mois ou plusieurs années après la chirurgie). Vous devriez discuter de ces complications avec votre chirurgien. Quoique personne ne puisse prédire si vous aurez des complications, on peut vous informer de leur fréquence chez les gens qui subissent une procédure du RIA.

 

Complications à court terme

  • une perte élevée de fluides et d’électrolytes (déshydratation) peut initialement se manifester après une iléostomie latérale temporaire
  • une fuite à l’endroit où le nouveau réservoir est lié à l’anus, entraînant un abcès pelvien (accumulation de fluides infectés) ou une infection de l’abdomen (péritonite)
  • dysfonction sexuelle (rapports sexuels douloureux ou sécheresse vaginale chez les femmes; problèmes érectiles ou d’éjaculation, ou l’impuissance chez les hommes)

 

Complications à long terme

  • une inflammation du réservoir provoquant la diarrhée, des crampes et des ballonnements (pochite)
  • un rétrécissement à l’endroit où le réservoir est lié à l’anus (striction) ce qui rend plus difficile l’action de vider le réservoir
  • fuite des selles du réservoir, pendant la nuit ou pendant le jour (incontinence)
  • diarrhée ou persistance du passage fréquent de selles
  • maladie de Crohn (chez certain patients, surtout chez ceux ayant une colite indéterminée qui pourrait s’avérer être la maladie de Crohn, il peut y avoir des effets négatifs sur l’anus, le réservoir et autres parties du tractus gastro-intestinal)

 

Ces complications à long terme peuvent-elles être traitées?

Pochite

La pochite est l’inflammation du réservoir (ou poche) qui entraîne la diarrhée, des crampes et des ballonnements. La pochite a tendance à se manifester seulement chez les patients chez qui l’on a créé un RIA à cause de colite ulcéreuse ou de colite indéterminée. La chance de développer une pochite à un moment donné dépend du temps écoulé depuis la création de votre réservoir. Plus le temps s’écoule après votre procédure du RIA, plus vous êtes susceptible de développer un épisode de pochite. Après dix ans, la chance d’avoir un épisode de pochite peut être aussi élevée que 50 %. La cause de la pochite est inconnue et elle est habituellement traitée à l’aide d’antibiotiques. Les antibiotiques les plus fréquemment utilisés sont le métronidazole (Flagyl™) et la ciprofloxacine. Les symptômes de la pochite disparaîtront normalement après sept à dix jours d’une antibiothérapie orale. Si vous soupçonnez que vous souffrez d’une pochite, communiquez avec votre chirurgien pour lui faire part de vos inquiétudes.

 

Striction

Une striction est un rétrécissement à l’endroit où le réservoir est lié à l’anus, causé par du tissu cicatriciel. Si une striction se développe, vous remarquerez qu’il est plus difficile de vider le réservoir : il faut plus de temps et vous devez utiliser plus de force (ou avoir à pousser davantage vers le bas) afin de vider le réservoir. Si vous remarquez ces symptômes, communiquez avec votre chirurgien. Le rétrécissement peut être étiré (ou dilaté) pour ouvrir le passage.

 

Incontinence

Des fuites incontrôlables de selles du réservoir peuvent se produire. Cela se produit plus souvent la nuit lorsque vous dormez et que le sphincter anal est détendu. Certains médicaments tels que les somnifères peuvent contribuer à l’incontinence. Le port d’une petite serviette dans vos sous-vêtements pourrait être suffisant pour gérer les fuites de selles.

Les fuites peuvent aussi se produire pendant la journée. Vous constaterez peut-être qu’épaissir les selles à l’aide de certains aliments ou médicaments peut diminuer les fuites (les selles pâteuses ou semi-formées sont plus faciles à retenir que les selles liquides). Également, vous voudrez peut-être essayer de renforcer vos muscles pelviens par moyen des exercices de Kegel. Vous pouvez discuter des changements alimentaires avec votre diététiste et des exercices de Kegel avec votre infirmière stomathérapeute.

 

Diarrhée

Des selles molles persistantes (plus de huit par jour) peuvent se produire chez certains patients ayant un RIA. Des changements sont initialement apportés à l’alimentation afin d’essayer de gérer les selles molles. Votre diététiste peut vous aider avec ces changements. Essayez d’éliminer de votre diète les aliments et les boissons qui peuvent causer des selles molles et essayez d’ajouter des aliments qui les épaissiront. Si les changements à la diète ne fonctionnent pas, vous aurez peut-être à prendre des médicaments pour aider à contrôler la diarrhée tels qu’Imodium™ ou Lomotil™. Si les selles molles persistent, contactez votre infirmière stomathérapeute ou chirurgien pour discuter des possibilités de gestion.

 

Est-ce que je serai toujours à risque pour un cancer après avoir subi la procédure du RIA?

Le risque de développer un cancer dans le réservoir ou dans l’anus est extrêmement faible. Il est tout de même conseillé de faire examiner votre réservoir et anus de façon régulière (habituellement une fois par année) afin de déceler tout changement. Votre chirurgien discutera avec vous à quelle fréquence vous devez faire examiner votre réservoir.

 

Le RIA a-t-il un impact sur la fertilité et l’accouchement?

Toute chirurgie a le potentiel d’affecter la fertilité d’une femme, soit à cause de la chirurgie elle-même (développement de tissu cicatriciel ou adhérences) ou soit à cause de complications découlant de la chirurgie (infections ou abcès dans l’abdomen). Le risque général est faible et votre chirurgien peut en discuter avec vous. Le fait d’avoir un RIA ne constitue pas une contre-indication à la grossesse.

Pendant la grossesse, certaines femmes peuvent remarquer que la fonction du réservoir est accrue lors du premier trimestre puisque l’utérus en expansion « rivalise » pour occuper l’espace dans le bassin. Il est possible que le réservoir ne puisse pas s’étirer au complet avec une quantité « normale » de selles. Puisque l’utérus se déplace à l’extérieur du bassin au cours des deuxième et troisième trimestres, le réservoir peut encore une fois s’étirer normalement.

Les risques et les avantages d’un accouchement vaginal comparé à une césarienne et l’impact de chacun sur votre RIA devraient être discutés avec votre chirurgien ou votre obstétricien.

 

Existe-t-il des ressources dans la communauté pour les personnes ayant un RIA?

Plusieurs ressources sont disponibles pour les personnes ayant un réservoir iléo-anal. Votre infirmière stomathérapeute peut vous donner une liste de sites Web, des livrets et les noms de groupes de soutien à l’intention des personnes qui subissent la procédure du RIA.