Vivez-vous dans la crainte de manger quelque chose qui aggravera vos symptômes gastro-intestinaux ou qui déclenchera une poussée de la maladie? Peut-être craignez-vous d’avoir un accident lorsque trop loin d’une salle de toilette ou de faire quelque chose qui entraînera des douleurs digestives? Il est commun de recourir à la thérapie à cause de la crainte. Il peut s’agir d’une appréhension relativement aux maladies gastro-intestinales ou d’une peur plus courante comme celle de prendre l’avion, la crainte intense d’être exposé aux germes, la peur de l’inconnu, la peur de faire des erreurs, la crainte de ne pas être en mesure de prendre soin de soi-même ou de sa famille ou encore la crainte d’être jugé, humilié, rejeté ou contrôlé.

Toutes ces craintes sont des réactions actuelles à d’éventuelles possibilités qui ne se produiront probablement pas. La peur nous amène à vivre dans un état d’hypervigilance où l’on tente d’éviter des expériences potentielles, mais imaginaires.

Ensemble, nous dépensons des millions de dollars en assurance médicale pour protéger notre corps, en équipement de sécurité pour protéger nos foyers et en armes nucléaires, fusils et soldats pour protéger notre pays, et pourtant, plusieurs d’entre nous vivent toujours dans la peur. Cela s’explique par le fait que nos pensées donnent naissance à la peur, cette dernière ne pouvant se dissiper tant que nous ne changeons pas notre façon de penser. C’est en étudiant ce qui est à l’origine de nos peurs que nous pourrons constater qu’elles découlent de pensées qui nous disent que nous sommes indignes, incapables d’être aimé, mauvais, pas à la hauteur ou négligés. Lorsque nous croyons réellement à ces pensées, nous perdons la confiance pour faire face à des situations difficiles et nous nous isolons, renforçant davantage la crainte. Lorsque nous choisissons de rester là où nous nous sentons en sécurité plutôt que d’affronter nos craintes, nous évitons de plus en plus certaines situations, expériences, activités et personnes.

Certaines personnes peuvent faire valoir que la peur est importante pour nous garder en sécurité, mais c’est comme dire que s’inquiéter aidera à prévenir un accident.

En fait, ce sont le bon sens, l’intelligence et un jugement sûr qui nous gardent en sécurité. Lorsque nous laissons notre passé s’emparer de notre présent, nous créons un sentiment perpétuel d’insécurité et de danger imminent. Nous ne pouvons laisser des souvenirs douloureux de notre enfance, des conflits du passé, une trahison, de l’abus ou un incident médical contrôler notre présent ou notre futur. Si oui, la crainte devient un mode de vie plutôt qu’un réflexe en réponse à un nouveau danger réel. Des pensées comme « Je ne peux faire confiance aux autres » ou « Je ne mérite pas que ma vie soit facile » deviennent une partie négative de l’histoire de notre identité. Un niveau chronique de pensées craintives entraîne une hypervigilance stressante qui affaiblit le système immunitaire. Le danger peut être passé, mais la façon de penser persiste, ce qui garde le corps en alerte maximale.

Lorsque nous vivons dans la crainte, nous perdons la capacité d’établir un lien avec la force, la vérité et la sagesse qui habitent en nous puisque nous sommes aux prises avec l’anxiété. Pour guérir de notre peur, nous devons développer la foi en qui nous sommes et en notre monde. La foi n’est pas simplement un concept religieux; elle est la capacité de percevoir notre bonté et notre valeur et d’avoir confiance en notre droit d’être appuyé par le monde et que ce dernier nous donne ce dont nous avons besoin pour composer avec n’importe quelle situation.

Faire preuve de foi ne signifie pas que de mauvaises choses ne pourront pas nous arriver. Plutôt, la foi nous permet de percevoir les difficultés comme des leçons pour nous aider à apprendre et à grandir, et non comme une punition ou un sort. Pour guérir la crainte, il faut tout d’abord se tourner vers elle et apprendre à faire preuve de clémence et de compassion envers nous-mêmes. Deuxièmement, nous devons vouloir, et être disposés à voir et à vivre notre situation de façon différente. En utilisant affirmations, prières et volonté, nous devons demander de l’aide avec sincérité afin de visualiser notre situation d’un endroit où règnent la paix, l’amour et le mérite. Finalement, la foi nous permet de ressentir notre lien avec les autres personnes. La crainte ne disparaîtra pas seulement parce qu’une situation sécuritaire existe ou parce qu’une maladie est en rémission; la crainte nous quitte lorsque nous croyons que nous sommes en sécurité et que nous sommes en mesure de relever des défis futurs.

La sécurité est un état d’esprit qui peut être attribué à la croyance en un monde, un univers ou un Dieu qui soutient, pardonne et aime. Cela est l’antidote à la peur. Si vous ne pouvez parvenir à un endroit sécuritaire par vous-même, un conseiller clinicien agréé pourrait vous aider dans ces démarches.

« La peur fait échouer plus de gens que n’importe quel fléau au monde. » ~Ralph Waldo Emerson


Claire Maisonneuve, conseillère clinicienne agréée
Publié pour la première fois dans le bulletin Du coeur au ventreMC numéro 183 – 2012