Étude sur les jumeaux

Un nouveau regard sur le SII, publié dans la revue Gut, suggère que le risque de développer le SII plus tard dans la vie augmente de façon significative lorsque le développement fœtal est restreint dans l’utérus. Cette étude menée en 2006 a établi que certains facteurs génétiques semblent contribuer plus fréquemment au SII chez les femmes que les hommes et que les jumeaux monozygotes sont plus susceptibles d’être tous deux atteints du SII ou tous deux de ne pas l’être comparativement aux jumeaux dizygotes.

À partir d’une cohorte de plus de 12 700 jumeaux norvégiens – nés entre 1967 et 1979 – qui avaient complété un questionnaire sur les maladies, les chercheurs ont réduit la liste pour obtenir 7392 sujets :

Type de jumeau
Nombre de paires
Monozygote – hommes 504
Monozygote – femmes 746
Dizygote – hommes 379
Dizygote – femmes 635
Dizygote (hommes & femmes) 932
Nombre total de paires de jumeaux
3196

Le processus de maturation gastro-intestinale se déroule tout au long du développement fœtal et se poursuit pendant la première enfance. Lorsqu’une naissance prématurée interrompt le processus développemental, des conséquences à long terme se produisent, exerçant des effets sur le système immunitaire intestinal et la motilité intestinale. Des études antérieures laissent entendre qu’un manque de nutriments et d’apport d’oxygène lors du développement fœtal peut affecter de façon permanente la structure et la fonction des systèmes physiologiques, y compris le tube digestif.

Les chercheurs ont comparé des données provenant d’un grand nombre de jumeaux dont les poids étaient différents à la naissance. Le poids des jumeaux peut différer dramatiquement à la naissance à cause d’une distribution inégale des nutriments et de l’apport sanguin. Ceux de plus faible poids à la naissance étaient plus susceptibles de développer le SII que leur jumeau monozygote de poids plus élevé dont l’âge gestationnel était le même. Cet écart était surtout évident lorsque le jumeau de faible poids pesait moins de 1500 grammes à la naissance. Ces nourrissons étaient 2,4 fois plus susceptibles de développer le SII à l’âge adulte comparés à ceux dont le poids à la naissance était de 2500 grammes ou plus. Pour la première fois dans l’histoire de la recherche sur le SII, ces résultats suggèrent qu’une croissance fœtale restreinte lors de la grossesse, plutôt qu’une naissance prématurée, contribue au SII.

Cette étude a également démontré que les symptômes du SII chez les groupes de faible poids se présentent à peu près huit ans plus tôt que chez les groupes de poids plus élevé.

Lorsque les chercheurs ont étudié des données provenant de 31 autres maladies chroniques pour voir s’il y avait un chevauchement quelconque, ils ont constaté que 21 % des sujets souffrant du SII étaient également atteints de dyspepsie.

Les chercheurs suggèrent qu’une nouvelle façon de classifier les patients atteints du SII en sous-groupes basés sur l’âge à l’apparition des symptômes, le sexe, la ressemblance familiale et le poids à la naissance pourrait améliorer la compréhension des mécanismes physiopathologiques du SII.


Publié pour la première fois dans le bulletin The Inside Tract® numéro 158 – Novembre/Décembre 2006