Je m’appelle Millie McConnell et je suis depuis quinze ans survivante du cancer de l’estomac.

J’ai appris le 15 novembre 2001 que j’étais atteinte d’un cancer de l’estomac à cellules en bague à chaton de stade 3B et l’on m’a dit de mettre mes affaires en règle. L’hôpital m’a administré de la morphine bien qu’avant ma chirurgie, mon dossier indiquait que j’y étais extrêmement allergique. Je me suis réveillée après la chirurgie, vomissant ce qui me semblait être presque tout le sang de mon corps. J’ai dû recevoir une transfusion sanguine pour remplacer tout le sang perdu. À l’époque, mon type de cancer a été identifié comme « juvénile et agressif ». Les médecins m’ont expliqué qu’ils ignoraient comment le traiter et ils ont donc prescrit les deuxièmes taux les plus élevés de chimiothérapie et de radiothérapie à recevoir en même temps.

Une fois le choc initial passé, j’en suis venue à lentement réaliser que je n’y pouvais rien. À ce moment, j’ai décidé de filer avec le vent et de simplement suivre les conseils des médecins, des oncologues, de ma famille et de mes amis, et d’autres personnes encore, afin de vivre avec le plus de joie possible et de profiter de chaque journée qui me restait.

J’ai alors entrepris des traitements agressifs, et tout au long de l’expérience je suis restée calme tout en blaguant avec ma famille, d’autres patients et l’équipe médicale qui me soignait. Cette attitude semblait faciliter l’épreuve puisque je ne m’acharnais pas à retenir les émotions négatives qui accompagnent souvent ce genre d’expérience.

Le cheminement a été long. Cinq ans après les traitements, je me suis obligée à retourner au travail (contre l’avis de mon médecin) à titre de représentante des admissions à une école de commerce de la région. Au bout d’un an et demi environ, mon système est devenu complètement épuisé et les médecins m’ont dit que je devais lâcher. J’ai expliqué à ces médecins : « Ne dites jamais à un survivant du cancer de lâcher! C’est la fin de cette carrière pour moi, mais j’en commence une nouvelle. »

Par la suite, j’ai adhéré à Toastmasters International et j’ai appris à devenir une oratrice publique efficace. Cela m’a mené à vivre tant d’autres expériences, y compris celle à la Debbie’s Dream Foundation: Curing Stomach Cancer, organisation établie aux États-Unis. Ce groupe extraordinaire de gens (surtout Debbie, qui est mon inspiration) m’a fait venir par avion à Washington D.C. pour visiter les bureaux des législateurs du Capitole. Je me suis jointe à trente autres personnes venues de partout aux États-Unis afin de préconiser la priorisation de fonds pour la recherche sur le cancer de l’estomac par l’Institut national du cancer (NCI).

J’ai aussi participé au programme de quatre jours du Advocacy Boot Camp (programme sur la défense des intérêts) à Toronto pour en apprendre plus sur la façon dont les systèmes fonctionnent au Canada et la façon dont je peux défendre les intérêts des patients, ici chez moi.

Il a été inspirant de rencontrer d’autres survivants et comme j’étais la survivante de plus longue durée, j’ai fait de mon mieux pour répondre aux questions des autres et à leur offrir des renseignements pour les aider à en apprendre le plus possible sur cette maladie mortelle.


Publié pour la première fois dans le bulletin Du coeur au ventreMC numéro 202 – 2017
Millie McConnell