La maladie inflammatoire de l’intestin (MII) est un terme qui fait notamment référence à deux maladies de l’intestin : la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Ces maladies provoquent une inflammation chronique et leurs symptômes comprennent une douleur abdominale grave, la diarrhée et les saignements rectaux. Dans la maladie de Crohn, l’inflammation peut se trouver dans n’importe quelle partie du tube digestif et peut traverser toute l’épaisseur de la paroi du tube digestif, se manifestant par bandes à plusieurs endroits ou touchant une seule grande section. Pour ce qui est de la colite ulcéreuse, l’inflammation se limite à la muqueuse interne de la paroi intestinale, débutant à l’anus et progressant continuellement vers le haut, en se limitant au côlon.

La cause de cette maladie demeure inconnue, mais des preuves suggèrent que des interactions entre les facteurs environnementaux, les microorganismes intestinaux, un dérèglement immunitaire et une prédisposition génétique sont responsables. Nous savons que le tabagisme est un des facteurs environnementaux liés à la MII, augmentant le risque de développer la maladie de Crohn et aggravant considérablement les symptômes de la MII.1 Cependant, il existe des différences marquées par rapport aux effets du tabagisme sur les personnes atteintes de la maladie de Crohn comparativement à celles souffrant de colite ulcéreuse. Vous trouverez ci-dessous un aperçu des répercussions que peut avoir le tabagisme sur les personnes aux prises avec la MII.

 

Maladie de Crohn et tabagisme

Le tabagisme est associé à une plus haute prévalence de la maladie de Crohn et peut augmenter le risque de développer cette affection.1,2,3 Les personnes qui fument courent un risque élevé de présenter une aggravation de la maladie, notamment un taux accru de rechutes, une utilisation accrue de corticostéroïdes, d’immunosuppresseurs et d’agents biologiques, un rétrécissement du tractus gastro-intestinal, un taux accru d’hospitalisation et de chirurgie, et un taux accru de récurrence postopératoire.4,5

Une étude récemment publiée a aussi révélé que l’arthrite périphérique est plus courante chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn qui fument ou qui ont des antécédents de tabagisme (17,1 % chez les ex-fumeurs, 16,9 % chez les fumeurs et 13,1 % chez les non-fumeurs).5

 

Colite ulcéreuse et tabagisme

Chez les personnes atteintes de colite ulcéreuse, le tabagisme présente des effets différents. Les non-fumeurs courent un plus grand risque de développer cette maladie comparativement aux fumeurs.1,5 De même, les plus grands fumeurs sont moins susceptibles de développer la colite ulcéreuse que les fumeurs légers.3,6 Les fumeurs actuels étaient moins susceptibles de nécessiter un traitement aux corticostéroïdes à long terme que les non-fumeurs.5 Les chercheurs croient que ce phénomène pourrait être expliqué par la libération d’un facteur de protection (l’effet épargneur de stéroïdes de la nicotine) chez les fumeurs ayant une prédisposition génétique à la colite ulcéreuse.3

Les fumeurs étaient tout aussi aptes à subir une colectomie que les personnes n’ayant jamais fumé et que les ex-fumeurs.5 Les taux d’hospitalisation ne diffèrent pas sensiblement entre les fumeurs et les non-fumeurs.5 Cependant, le tabagisme est associé à une augmentation des problèmes oculaires (des yeux ou de la vision).7

 

Sommaire

Le tabagisme a des effets nocifs sur les symptômes liés à la MII et sur son pronostic à long terme, surtout dans la maladie de Crohn.

Même si les non-fumeurs et les ex-fumeurs atteints de colite ulcéreuse présentent parfois plus de symptômes et nécessitent une plus grande quantité de traitements par corticostéroïdes que les grands fumeurs, il n’y a pas de preuves concluantes que le tabagisme a des propriétés protectrices ou offre des bienfaits importants pour les gens souffrant de colite ulcéreuse.5 Les risques du tabagisme surpassent tout avantage potentiel pour la santé.

Nous ne vous recommandons pas de fumer et espérons que vous pourrez inciter vos amis et les membres de votre famille à ne jamais fumer. Pour obtenir des conseils sur comment arrêter de fumer, consultez votre médecin ou le www.jarrete.qc.ca.

 

Systèmes et processus touchés par le tabagisme (dans certains cas par la nicotine)1

  • système immunitaire
  • cascade inflammatoire
  • mobilité intestinale
  • production de mucus
  • perméabilité intestinale
  • circulation sanguine dans les intestins
  • activation plaquettaire

Publié pour la première fois dans le bulletin Du coeur au ventreMC numéro 196 – 2015
Photo : © bigstockphoto.com/leeser
1. Thomas G et al. Role of smoking in inflammatory bowel disease: implications for therapy. Postgraduate Medical Journal. 2000;76:273-279.
2. Nos P et al. Management of Crohn’s disease in smokers: Is an alternative approach necessary? World Journal of Gastroenterology. 2011;17(31):3567-3574.
3. Van der Heide F et al. Effects of active and passive smoking on disease course of Crohn’s disease and ulcerative colitis. Inflammatory Bowel Disease. 2009;15(8):1199-1207.
4. Cosnes J et al. Effects of cigarette smoking on the long-term course of Crohn’s disease. Gastroenterology. 1996;110(2):424-431.
5. Lunney P et al. Smoking prevalence and its influence on disease course and surgery in Crohn’s disease and ulcerative colitis. Alimentary Pharmacology and Therapeutics. 2015;42(1):61-70.
6. Aldhous MC et al. Smoking habit and load influence age at diagnosis and disease extent in ulcerative colitis. American Journal of Gastroenterology. 2007;102:589–597.
7. Roberts H et al. Extraintestinal manifestations of inflammatory bowel disease and the influence of smoking. Digestion. 2014;90(2):122-129.