Les polypes sont des croissances anormales des tissus de la muqueuse. Il existe de nombreux types de polypes, lesquels peuvent se développer à plusieurs endroits du corps, y compris dans le côlon, l’estomac, le petit intestin, les cordes vocales, le nez, les oreilles, les sinus, la vessie, l’utérus et le canal cervical. Dans le présent article, nous parlerons des polypes colorectaux. La présence de polypes dans le côlon ne signifie par qu’il est plus probable d’avoir des polypes dans d’autres parties du corps. Les polypes colorectaux sont courants, surtout chez les adultes âgés de plus de 50 ans, et n’occasionnent habituellement aucun symptôme. Lorsque les polypes colorectaux font leur apparition, ils sont au début typiquement non cancéreux (bénins). Cependant, il est possible pour certains polypes de devenir cancéreux (malins) au fil du temps s’ils ne sont pas décelés et retirés.

 

Les polypes et le cancer colorectal

Le cancer colorectal touche de 6 à 7 % des Canadiens à un moment donné de leur vie et est la deuxième plus importante cause de décès par cancer chez les hommes, et la troisième plus importante cause de décès par cancer chez les femmes.[1] Seulement un petit nombre de polypes deviennent malins, mais la plupart des cas de cancer colorectal se développent à partir de polypes. Habituellement, il faut de 5 à 10 années pour qu’un polype devienne malin. Il est important de subir des coloscopies de façon régulière étant donné qu’il est beaucoup plus facile de retirer des polypes que de traiter un cancer colorectal avancé.

 

Symptômes

Quoique la plupart des polypes soient asymptomatiques, de très grands polypes peuvent provoquer un saignement rectal ou entraîner des changements au niveau de la consistance et de la fréquence des selles, tels que la constipation et la diarrhée.

Diagnostic et traitement

Les médecins décèlent principalement les polypes pendant des tests de routine, tels que ceux effectués pour dépister un cancer colorectal ou pour chercher d’autres signes d’une maladie.

Pour effectuer le test immunochimique de recherche de sang occulte dans les selles (iRSOS), il faut obtenir une trousse iRSOS d’un laboratoire médical et l’apporter à la maison afin de l’utiliser pour recueillir un échantillon de selles qu’il faut apporter au laboratoire à des fins d’analyse. Les techniciens de laboratoire analyseront l’échantillon de selles pour y vérifier la présence de traces de sang. Si le résultat est positif, votre médecin vous demandera probablement de subir une coloscopie pour déterminer la source du sang dans l’échantillon.

Pendant la coloscopie, votre médecin utilise un long tube flexible dont le bout est muni d’une caméra afin de pouvoir visualiser la muqueuse interne du rectum et du gros intestin (côlon). Pendant cette procédure, le médecin peut identifier et retirer tout polype décelé. Toutefois, vous pourriez nécessiter une chirurgie distincte pour retirer des polypes particulièrement grands. Votre médecin pourrait envoyer un échantillon de tissu des polypes retirés afin de le soumettre à une analyse pour vérifier s’il y a signe de malignité.

Si vous avez développé des polypes, le risque de connaître d’autres polypes à l’avenir augmente. Votre médecin pourrait alors recommander un dépistage plus fréquent, notamment en suggérant une coloscopie tous les trois à cinq ans, au lieu de tous les dix ans. La fréquence sera déterminée en fonction du type, de la taille et du nombre de polypes décelés dans votre côlon.

 

Types de polypes

Les polypes adénomateux (adénomes) sont définis par la croissance de nouvelles cellules (plutôt que par la reproduction excessive de cellules typiques) comme avec les polypes hyperplasiques. Ils sont le type de polypes le plus courant et peuvent devenir cancéreux, bien qu’ils prennent souvent des années à le devenir. Il existe de nombreux types d’adénomes. Les adénomes villositaires sont les plus susceptibles de devenir malins. Ils prennent normalement l’apparence de chou-fleur et nécessitent souvent une chirurgie pour les retirer.

Les polypes hyperplasiques se produisent lorsque le nombre de cellules dans une section de la muqueuse de l’intestin croît trop rapidement. Le risque que ce type devienne malin est faible, à moins qu’une quantité supérieure à 100 soit décelée chez la personne touchée.

Les polypes inflammatoires sont courants chez les personnes souffrant d’une maladie inflammatoire de l’intestin (comme la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse) et ne sont pas vraiment des polypes. Ils sont des zones soulevées de tissu enflammé et ne sont pas liés à un risque de cancer colorectal.

 

La forme des polypes

Bien qu’il existe de nombreux types de polypes, ils prennent généralement une de deux formes.

Les polypes sessiles sont plats, les cellules inhabituelles étant groupées en amas sur la paroi intestinale. Ils peuvent être difficiles à déceler puisqu’ils ne se distinguent pas bien de la paroi et sont plus susceptibles de nécessiter une chirurgie pour les retirer.

Les polypes pédiculés sont des excroissances fixées à la paroi intestinale par une longue tige mince. Leur forme prend l’apparence d’un champignon et elles sont plus faciles à déceler que les polypes sessiles. Il est habituellement simple pour le médecin de retirer ces polypes pendant la coloscopie.

 

La taille des polypes

La taille des polypes colorectaux peut varier, allant de très petits (quelques millimètres de diamètre) à très grands (plusieurs centimètres de diamètre). Plus la taille du polype est grande, plus le risque qu’il devienne malin dans le futur est grand.

 

Conclusion

Les polypes colorectaux sont communs, surtout chez la population vieillissante. Quoique les polypes n’occasionnent habituellement pas de symptômes au début, ils peuvent évoluer en cancer colorectal s’ils ne sont pas retirés. Cependant, grâce à un dépistage régulier, il est possible de déceler et de retirer les polypes avant qu’ils ne deviennent malins.


Publié pour la première fois dans le bulletin Du coeur au ventreMC numéro 203 – 2017
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1. Statistiques canadienne sur le cancer, 2017. Société canadienne du cancer et Statistique Canada. Disponible à : http://www.cancer.ca/statistiques Consulté le 2017-09-18.
2. Shaw E et al. Intake of dietary fibre and lifetime non-steroidal anti-inflammatory drug (NSAID) use and the incidence of colorectal polyps in a population screened for colorectal cancer. Journal of Epidemiology and Community Health. 2017;71:961–969.