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Le foieStéatose hépatique non alcoolique

Le foie, le plus gros organe interne plein du corps, est situé sous la cage thoracique dans la partie supérieure droite de l’abdomen. Bien que sa taille varie selon l’âge, la taille et la forme du corps, le sexe et l’état de la maladie, sa dimension est à peu près celle d’un ballon de football chez la plupart des adultes. Le foie a plusieurs fonctions importantes. Il sert de filtre au sang. Il métabolise les nutriments et d’autres substances telles que les médicaments. Il emmagasine l’énergie. Il synthétise des protéines essentielles à la fonction de notre corps comme celles qui aident à coaguler le sang lorsque nous saignons. Bien que le foie soit un organe très résilient qui a la capacité de se réparer lui-même, il est susceptible aux dommages provenant de nombreuses sources y compris les virus, les toxines, les affections héréditaires et même notre propre système immunitaire.

 

Stéatose hépatique non alcoolique

La stéatose hépatique non alcoolique est une affection dans laquelle la graisse s’accumule dans les cellules du foie (hépatocytes). Elle touche plus de 20 à 30 % des adultes en Amérique du Nord et est de plus en plus courante. Plusieurs personnes atteintes de cette maladie ne présentent aucun symptôme; elle est alors diagnostiquée par un professionnel de la santé à la suite d’une investigation de la cause de résultats anormaux d’analyses de laboratoire ou d’une imagerie de l’abdomen pour des raisons non liées. Un excès de graisse dans le foie peut entraîner des dommages importants au fil des ans. Afin d’aider les personnes atteintes de cette affection, les professionnels de la santé doivent déterminer celles qui sont à risque pour leur offrir des conseils sur les façons de prendre en charge la maladie avant que d’importants dommages du foie s’ensuivent. La stéatose hépatique non alcoolique est une affection qui peut être traitée et souvent prise en charge en modifiant le style de vie.

 

Développement de la stéatose hépatique

La stéatose hépatique non alcoolique n’est pas une affection qui peut être transmise (c.-à-d., elle ne se propage pas d’une personne à l’autre). En fait, elle se produit le plus souvent chez les personnes qui possèdent un ou plusieurs des facteurs de risque suivant :

  • obésité,
  • diabète ou prédiabète,
  • taux de cholestérol élevé,
  • hypertension artérielle,
  • style de vie sédentaire, et
  • utilisation de certains médicaments.

La communauté médicale ignore toujours la raison exacte pour laquelle la stéatose hépatique non alcoolique touche certaines personnes présentant les affections énumérées ci-dessus, mais pas d’autres. Il est aussi mal compris pourquoi chez certaines personnes la graisse s’accumule dans le foie sans causer de dommages importants (stéatose bénigne) tandis que chez d’autres, elle entraîne des dommages importants (stéato-hépatite non alcoolique).

Puisque la prévalence de stéatose hépatique non alcoolique est très élevée au Canada, si vous avez un ou plusieurs des facteurs de risque de la maladie, il pourrait être raisonnable de discuter avec votre fournisseur de soins de santé de la possibilité que vous soyez un candidat pour des tests additionnels. À l’heure actuelle, il n’existe cependant pas de lignes directrices précises acceptées en ce qui concerne quelles personnes devraient être soumises à d’autres investigations relatives à cette affection, sauf celles qui présentent des anormalités inexpliquées au niveau des enzymes hépatiques.

 

Symptômes

De nombreuses personnes atteintes de stéatose hépatique non alcoolique ne présentent aucun symptôme, mais chez celles qui en ont, ceux-ci sont généralement non spécifiques tels qu’une légère fatigue ou un malaise de l’abdomen. Au fil des ans, la présence de graisse peut déclencher une inflammation du foie ce qui peut entraîner la formation de tissu cicatriciel. À un état avancé, la quantité de tissu cicatriciel dans le foie peut atteindre un niveau appelé cirrhose, ce qui fait référence à l’aspect précis du tissu cicatriciel et de son degré. Chez les patients atteints de cirrhose, les dommages continus au foie peuvent éventuellement mener à l’apparition de signes et symptômes tels que la fatigue accrue, l’accumulation de fluides dans l’abdomen (ascite), le saignement de veines dans l’œsophage ou l’estomac (varices) et la confusion (encéphalopathie). Le dépistage de la stéatose hépatique non alcoolique a pour objectif d’assurer une surveillance adéquate, d’offrir des conseils dans le traitement de la maladie et de diminuer les chances de complications.

 

Diagnostic

Une biopsie du foie, procédure lors de laquelle une aiguille est utilisée pour prélever un petit morceau du foie pour l’examiner au microscope, est la méthode de référence pour le diagnostic de la stéatose hépatique non alcoolique. Bien qu’elle soit actuellement la seule façon de confirmer un diagnostic, en pratique, une combinaison de tests sanguins et d’imagerie est généralement suffisante pour poser le diagnostic chez plusieurs patients.

 

Investigations

Lorsqu’une personne reçoit un diagnostic de stéatose hépatique non alcoolique, il est important qu’elle consulte un fournisseur de soins de santé qui possède des connaissances spécialisées de ce domaine. Il pourrait s’agir d’une infirmière, d’un médecin de famille ou d’un spécialiste (hépatologue ou gastro-entérologue) qui se chargera de mener des investigations initiales pour s’assurer que le diagnostic est certain et pour exclure d’autres maladies du foie qui pourraient coexister. La majorité de ces informations peuvent être obtenues à l’aide d’un examen physique, d’une analyse sanguine et d’une imagerie de l’abdomen.

Le rôle de la biopsie du foie dans le diagnostic de la stéatose hépatique non alcoolique demeure important dans certaines circonstances, surtout si le diagnostic est douteux. De plus, la biopsie peut déterminer s’il y a présence de tissu cicatriciel dans le foie et son étendue, le cas échéant. La quantification est le processus de détermination de la quantité de tissu cicatriciel (fibrose) dans le foie; dans le passé, la biopsie du foie était le seul outil utilisé. Un tissu normal sans cicatrisation se trouve au stade 0. Une quantité croissante de tissu cicatriciel dans le foie en combinaison avec un changement dans son aspect augmente la classification à un stade plus élevé. Le stade 1 est représenté par du tissu cicatriciel minime tandis que le stade 4 réfère à la cirrhose. Quoique la biopsie soit une procédure sécuritaire, elle est invasive et comporte donc des risques, notamment le saignement et la douleur après la procédure. Autre que sa nature invasive, un des désavantages de la biopsie du foie est qu’elle prélève un échantillon que d’une très petite section d’un grand organe et elle est donc sensible à l’erreur d’échantillonnage.

 

Outils non invasifs pour mesurer la fibrose

La biopsie du foie demeure la méthode de référence pour la quantification de la maladie du foie et représente toujours une bonne option pour plusieurs patients. Cependant, les fournisseurs de soins de santé utilisent de plus en plus souvent d’autres outils efficaces pour déterminer le degré de fibrose dans le foie. De toutes les méthodes de quantification alternatives en émergence, les trois suivantes sont les plus couramment utilisées au Canada.

Le FibroScanÒ est un outil non invasif utilisé pour évaluer le degré de fibrose dans le foie. Il s’agit d’une technique utilisée pour mesurer l’élasticité hépatique qui est étroitement liée au degré de fibrose dans le foie. Pour pratiquer la scintigraphie, une sonde est placée à la surface de la peau sans que cela occasionne de douleur et le tout est complété en quelques minutes. La section échantillonnée est environ 100 fois plus grande que celle d’une biopsie du foie typique. Cette procédure donne une lecture fiable chez la plupart des personnes. Le FibroScanÒ est disponible en de nombreux centres partout au Canada.

Le FibroTest et l’APRI (index du rapport AST-plaquettes (AST-to-Platelet Ratio Index)) sont des outils non invasifs qui utilisent des calculs fondés sur des analyses sanguines pour mesurer le degré de fibrose dans le foie. Le FibroTest n’est probablement pas couvert par les régimes d’assurance-maladie et occasionnera donc des dépenses personnelles. L’APRI est dérivé du calcul d’une simple équation fondée sur des analyses sanguines courantes.

Peu importe l’outil utilisé pour estimer le degré de fibrose, l’interprétation d’un expert est essentielle afin d’assurer que l’information obtenue soit utile à la prise de décision relative au traitement. De plus, la biopsie du foie peut néanmoins fournir des renseignements précieux en ce qui concerne l’activité de la maladie, ce que des outils non invasifs ne pourraient faire. Votre fournisseur de soins de santé pourra déterminer quels tests conviennent le mieux à votre situation.

 

Gestion

Toutes les personnes atteintes de stéatose hépatique non alcoolique ne sont pas forcément à risque de développer une maladie hépatique évolutive. Cependant, puisque la gestion de cette affection met l’accent sur un mode de vie sain qui peut également réduire les chances de développer une maladie cardiovasculaire, discuter de la gestion de cette affection avec un fournisseur de soins de santé saura bénéficier la plupart des patients à long terme.

 

Alcool

Une consommation importante d’alcool est un facteur de risque connu pour l’accumulation de graisse dans le foie. Plus de deux boissons par jour sont généralement considérées comme une consommation importante. Pour une personne chez laquelle la stéatose hépatique non alcoolique est établie, limiter l’ingestion à pas plus d’une à deux boissons par jour (une boisson est 5 oz de vin, 1,5 oz de spiritueux ou 355 mL de bière) sans toutefois consommer d’alcool tous les jours est un objectif raisonnable. En fait, une abstinence complète de l’alcool serait préférable.

 

Autres affections médicales

D’autres affections médicales telles qu’un taux élevé de cholestérol, le diabète et l’hypertension artérielle augmentent le risque de développer la stéatose hépatique non alcoolique et peuvent l’aggraver si elle est déjà présente. Un contrôle optimal de ces facteurs de risque est donc essentiel à la gestion de la stéatose hépatique non alcoolique. Les médicaments typiquement utilisés dans le traitement de ces facteurs de risque peuvent habituellement être utilisés sans danger par les personnes atteintes d’une maladie du foie; les patients devraient en discuter davantage avec leur fournisseur de soins de santé.

 

Médicaments

Les chercheurs ont étudié de nombreux médicaments, vitamines et suppléments à la quête d’effets bénéfiques qui seraient utiles dans la gestion de la stéatose hépatique non alcoolique. Malheureusement, à ce jour, aucun n’a trouvé de preuve pouvant justifier leur utilisation universelle et répandue chez les personnes atteintes de cette affection. Certains médecins continuent d’utiliser la vitamine E et la pioglitazone (Actos®; médicament utilisé dans le traitement du diabète) dans certaines situations, mais il existe des limites quant à leur efficacité et innocuité; les patients devraient avoir une discussion approfondie avec leurs fournisseurs de soins de santé avant d’utiliser ces produits comme traitement.

 

Modifications au style de vie

Bien que des recherches se poursuivent pour trouver des médicaments qui conviennent à l’utilisation répandue dans la gestion de la stéatose hépatique non alcoolique, de nombreux essais bien conçus ont démontré que des modifications au style de vie (exercice et alimentation) qui entraînent une perte de poids sont efficaces à la gestion de cette maladie.

Les personnes qui réussissent à perdre du poids équivalant à 3 à 10 % de leur poids corporel total en augmentant leur niveau d’activité et en améliorant leur alimentation réussissent aussi à améliorer leur taux d’enzymes hépatiques et à réduire la quantité de graisse et d’inflammation dans leur foie.

Les Directives canadiennes en matière d’activité physique actuelles recommandent que pour favoriser la santé, les adultes âgés de 18 à 64 ans doivent faire chaque semaine au moins 150 minutes d’activité physique aérobie d’intensité modérée à élevée par séances d’au moins 10 minutes. Cela constitue aussi un objectif raisonnable pour les personnes atteintes de stéatose hépatique non alcoolique dont l’activité physique n’est pas déjà à ce niveau. Limiter la consommation d’aliments riches en lipides et en sucre, limiter la taille des portions et manger des repas réguliers et équilibrés en suivant le Guide alimentaire canadien sont des habitudes alimentaires qui sauront être bénéfiques. Votre fournisseur de soins de santé peut vous donner d’autres conseils pour optimiser votre programme d’exercice et votre diète. Suivre les conseils d’un entraîneur personnel ou d’un diététicien peut aussi vous aider à atteindre vos objectifs.

 

L’avenir

Le futur de la stéatose hépatique non alcoolique se trouve dans la sensibilisation des fournisseurs de soins de santé et du public; elle permettra aux médecins de déterminer quelles personnes sont atteintes de cette affection afin de les soigner. Nous espérons que les recherches axées sur de nouvelles options thérapeutiques pour la stéatose hépatique non alcoolique et l’intérêt continu porté envers cette affection donneront les résultats suivants au cours des années à venir :

  • une compréhension améliorée de la physiopathologie de cette affection,
  • des médicaments efficaces et sans danger pour une utilisation répandue, et
  • des outils améliorés pour diagnostiquer et surveiller cette affection.

 

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