La maladie inflammatoire de l’intestin (MII) est un terme qui fait principalement référence à deux maladies de l’intestin : la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Les deux maladies, caractérisées par une inflammation dans le tube digestif, touchent chacune une région particulière. Dans la maladie de Crohn, l’inflammation peut toucher toute partie du tube digestif et toute couche de la paroi intestinale. Dans la colite ulcéreuse, l’inflammation est restreinte à la muqueuse interne du côlon. La MII occasionne des symptômes persistants, notamment de la diarrhée, des douleurs abdominales, de la fièvre, des saignements rectaux, une perte de poids et de l’anémie, ainsi que des manifestations inflammatoires à l’extérieur du tube digestif. Pour traiter cette affection, les médecins peuvent choisir parmi une variété de médicaments puissants.

La vaccination constitue un élément essentiel des soins de santé. L’on a réussi à considérablement limiter, voire éradiquer, des maladies dangereuses grâce à cette mesure préventive; il est donc important pour tous d’adhérer au calendrier de vaccinations élaboré par les professionnels de la santé. Cependant, les vaccins ne sont pas tous sûrs pour certaines personnes souffrant de la MII — celles-ci pourraient ne pas réagir aux vaccins dans la même mesure que les personnes non atteintes de la MII.

Ceci s’explique par le fait que le système immunitaire de bon nombre des personnes aux prises avec la MII est déficient, c’est-à-dire que celles-ci sont immunodéprimées. Cela découle habituellement de la prise de médicaments assez puissants pour favoriser une rémission chez ces patients; ils comprennent les corticostéroïdes (Cortiment®/Entocort®, Betnesol®, Cortenema®, Cortifoam®, Proctofoam®), les agents immunosuppresseurs (Imuran®, Purinethol®, Xeljanz®, methotrexate) et les produits biologiques (Remicade®, Humira®, Simponi®, Entyvio®, Stelara®, Inflectra®, Renflexis®). Ces médicaments sont très efficaces pour moduler le fonctionnement du système immunitaire et, bien que ce mécanisme atténue l’inflammation et les symptômes, il peut rendre les patients plus susceptibles aux maladies. Une malnutrition découlant soit d’une mauvaise absorption occasionnée par l’inflammation, soit d’un apport alimentaire insuffisant peut aussi provoquer une immunosuppression, puisque le corps ne dispose pas des nutriments requis pour lutter efficacement contre les maladies.

Les personnes immunodéprimées doivent suivre des protocoles de vaccination qui diffèrent de ceux à l’intention de la population générale. Poursuivez votre lecture pour vous renseigner sur ces différences ou consultez un tableau détaillé pour en savoir plus sur des vaccins spécifiques.

 

Vaccins inactivés

Bien que les vaccins inactivés, tels que ceux contre l’hépatite A et l’hépatite B, soient généralement sûrs pour la plupart des gens, les personnes immunodéprimées y ont souvent une réponse sous-optimale. Si tel est le cas, le patient pourrait ultérieurement nécessiter une dose additionnelle du vaccin.

 

Vaccins vivants

Les personnes immunodéprimées ne peuvent habituellement pas prendre de vaccins vivants tels que ceux contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, étant donné qu’elles ne peuvent pas y répondre de façon adéquate, et pourraient contracter la maladie causée par l’organisme contenu dans le vaccin.

Lorsqu’une personne n’est pas en mesure de prendre certains vaccins, elle doit se fier à « l’immunité collective » pour assurer sa sécurité. L’immunité collective se définit comme la protection conférée aux gens incapables de prendre un vaccin lorsqu’une quantité suffisante de personnes reçoivent ce vaccin; ainsi, la quantité de personnes non vaccinées est insuffisante pour permettre la propagation de la maladie. Si vous êtes en mesure de prendre des vaccins vivants, assurez-vous de le faire puisque les gens immunodéprimés comptent sur vous pour leur protection.

Toutefois, dans certains cas, les gens ayant un contact étroit (membre de la famille, ami proche et colocataire) avec une personne immunodéprimée devraient également éviter certains vaccins vivants, étant donné qu’ils pourraient devenir légèrement contagieux. Quoique cette situation ne soit pas dangereuse pour la plupart, elle pourrait présenter un danger chez quelqu’un dont le système immunitaire est affaibli.

 

Conclusion

En ce qui concerne les vaccins, les personnes immunodéprimées ont des besoins qui diffèrent de ceux de la population générale. Elles pourraient devoir éviter certains vaccins ou obtenir une dose additionnelle d’autres vaccins. Pour obtenir des renseignements additionnels à ce sujet, y compris de l’information sur les vaccins à prendre avant un voyage et sur les vaccins à l’intention des membres de la famille de personnes immunodéprimées, consultez votre équipe de soins de santé.


Publié pour la première fois dans le bulletin Du coeur au ventreMD numéro 211 – 2019