Bien que les recherches démontrent que le microbiome intestinal d’un nouveau-né est grandement influencé par la colonisation de bactéries ingérées pendant un accouchement vaginal,1 une nouvelle étude provenant de chercheurs de l’université de California-Berkeley se penche sur l’impact potentiel de l’allaitement dans la conservation de l’intégrité du jeune microbiome d’un nourrisson.

Dans une étude menée chez des souris, Meghan Koch et coll. cherchaient à déterminer si les anticorps maternels pourraient aider les nouveau-nés à tolérer des bactéries bénéfiques dans leurs intestins en empêchant une réponse inflammatoire de leur système immunitaire. Des idées préconçues suggéraient déjà que l’immunoglobuline A (IgA), un type d’anticorps présent dans le lait maternel, aiderait à supprimer une telle réponse. Cependant, Koch et ses collègues ont découvert qu’un autre type d’anticorps, l’immunoglobuline G (IgG) avait un effet plus profond sur la réponse du corps aux bactéries inoffensives. Ils ont aussi constaté que l’IgG transmis par le lait maternel constituait le mécanisme le plus important dans l’établissement de la tolérance aux bactéries intestinales.2

Au niveau de l’être humain, les bactéries intestinales aident non seulement à la digestion, mais font également obstacle à la prolifération bactérienne néfaste et sont essentielles au bon fonctionnement du système immunitaire. Un système immunitaire mal développé peut entraîner des maladies inflammatoires de l’intestin telles que la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Des études plus poussées sont cependant requises. Chez les humains par exemple, une plus petite quantité d’IgG est transmise par le lait maternel comparativement aux souris.3 Cela dit, Koch et coll. présentent une nouvelle compréhension du rôle de l’IgG en ce qui concerne la tolérance du microbiome intestinal chez les mammifères. Plus nous en apprenons sur la façon dont le lien entre notre système immunitaire et notre microbiome intestinal est établi pendant l’enfance, plus nous aurons la possibilité d’affronter tôt dans la vie les problèmes touchant le microbiome intestinal.


Publié pour la première fois dans le bulletin Du coeur au ventreMC numéro 197 – 2016
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1. Neu J et al. Cesarean versus vaginal delivery: Long term infant outcomes and the hygiene hypothesis. Clinics in Perinatology. 2011;38(2):321-331.
2. Koch MA et al. Maternal IgG and IgA antibodies dampen mucosal T helper cell responses in early life. Cell. 2016;165(4):827-841.
3. Breast milk primes the gut for microbes. The Scientist. Available at: http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46027/title/Breast-Milk-Primes-Gut-for-Microbes/. Accessed 2016-05-09.